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Sérénade en 3 mouvements

jeudi 1er juillet 1982, par Jacques Huybrechts

- pour grand orchestre - 1929

Le thème initial du premier mouvement, typiquement rustique, évoque irrésistiblement la musique de plein air qu’est la sérénade traditionnelle. Largement développé, il prend rapidement une allure fougueuse où l’orchestre se déchaîne. Le thème secondaire est un air issu du plus pur sentiment populaire.
A peine s’est-il tu qu’éclate la conclusion sur un motif truculent et impérieux.

Le mouvement lent débute par une mélodie pastorale rehaussée d’un contre-chant très représentatif de la maîtrise de l’auteur. Une sorte de mélopée fait place soudain à une vision fatidique hurlée par les cuivres. Lorsqu’elle a disparu le Chant pastoral reprend et sur un court rappel de la mélopée tout se termine dans un souffle.

Le dernier mouvement à la forme d’une ronde populaire, très stylisée, dont le rythme va en s’exaltant. Un moment, loin des tourbillons enivrés, un épisode idyllique, interrompu çà et là par des échos vifs et rythmés de la ronde, crée un moment de détente. Mais très vite la danse reprend et finit dans un paroxysme.

La Sérénade en trois mouvements fut écrite au cours de l’été 1929. Elle confirmait la puissante personnalité de l’auteur que le Prix COOLIDGE 1926 venait de révéler au monde musical trois ans plus tôt. Ces trois années avaient consommé la rupture avec le respect de la tonalité et amené l’adoption de la bitonalité sous la poussée des nouveaux moyens d’expression apparus à l’époque.
La Sérénade, que l’auteur appelait volontiers sa « symphonie brève », est le plus prestigieux exemple de sa période euphorique et précède de peu une nouvelle rupture -psychologique celle-là- avec sa grande crise du « Chant d’Angoisse ».

Ici, il se veut séduisant, brillant et comme libéré de l’austérité passée.
Symphoniste de premier ordre, il traite l’orchestre avec un raffinement somptueux, où la sonorité et le coloris témoignent de son sens de l’instrumentation. C’est l’œuvre d’un homme en possession d’une maturité peu commune, sûr de son art, de ses moyens et de sa réussite. [1]

Jacques A. HUYBRECHTS