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L’homme

jeudi 1er juillet 1982, par Jacques Huybrechts

Une vie toute entière vouée à la musique,
Une vie entière consacrée à l’expression de son âme intime,
La vie d’un compositeur qui s’impose par un vocabulaire musical riche et inspiré,
La voix d’un compositeur déterminé dans ses choix de vie ...
Une vie si courte pourtant ...
Notre oncle Albert est mort trop tôt.
Notre père a toujours porté très haut sa mémoire. Laissons-le raconter cette vie ...


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Au conservatoire (1920)

Albert Huybrechts est né à Dinant le 12 février 1899. Il est décédé à Bruxelles le 21 févier 1938. Il fit ses études complètes au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles. En 1937, il fut professeur d’harmonie pendant quelques mois avant d’être emporté inopinément.

En peu d’années, toutes parsemées de soucis moraux et de difficultés matérielles, il édifia une œuvre considérable, riche et dense, qu’on est encore loin d’avoir complètement pénétrée.

Il trouva rapidement son langage personnel. Séduit par l’écriture raffinée de Debussy et de Ravel, atteint avec plus d’intensité encore par les exemples d’Alban Berg, d’Ernest Bloch, d’Arthur Honegger et surtout de Béla Bartók, il puisa en eux la synthèse des moyens nouveaux qui lui étaient nécessaires pour s’exprimer librement. Libre de tout système, il fut guidé par la seule recherche d’une authenticité sans concession car en lui la qualité humaine égalait la qualité musicale.

Le grand tournant de son existence fut marqué, en 1926, par la sonate pour violon et piano (1925) : un chef-d’œuvre qui lui valut aux États-Unis le prix musical le plus envié du monde : le prix Coolidge. La même année il remportait avec son Premier Quatuor à cordes (1924), le premier Grand Prix du Festival d’Ojay Valley en Californie.

D’autres que lui auraient exploité ce double triomphe, mais il y avait en Albert Huybrechts une sorte de puritanisme, voire d’ascétisme qui le faisait fuir la société bourgeoise et mépriser les mondanités.

Il continua donc son œuvre dans le même esprit d’effacement, éloigné du succès et confronté aux mêmes obstacles. Ses contemporains n’ont pas toujours admis sans réticence un art aussi neuf et aussi subjectif traduisant l’attitude de défi de l’homme qui se refuse à la complaisance et au mensonge.

La présence qui émane de ses compositions s’est affirmée avec le temps. Aujourd’hui Albert Huybrechts accède à une reconnaissance indiscutable, apparaissant avec force comme un des artistes les plus sincères et les plus puissamment expressifs de notre époque. [1]

Jacques Huybrechts


Le texte ci-dessus est un extrait du livre de Jacques Huybrechts sur son frère Albert. Le texte intégral est disponible dans "Le Dossier".